Communication relationnelle
La communication non violente, souvent appelée CNV ou Communication NonViolente, est une manière de préparer et de conduire une conversation difficile sans accuser, se justifier en boucle ou chercher à gagner contre l’autre. Elle propose quatre repères simples : observer les faits, exprimer un ressenti, relier ce ressenti à un besoin, puis formuler une demande concrète et négociable.
Ce n’est ni une formule magique, ni une politesse de surface, ni une technique pour obtenir ce que vous voulez à tout prix. La CNV aide surtout à clarifier ce qui se passe en vous et à rendre votre demande plus lisible pour l’autre. Elle peut être utile dans la vie familiale, au travail, dans une démarche de soin ou lors d’un désaccord récurrent, tout en restant insuffisante lorsque la sécurité, la violence ou l’emprise sont en jeu.
Définition et intention de la CNV
La Communication NonViolente est un processus de communication développé par le psychologue Marshall Rosenberg. L’Association pour la Communication NonViolente France présente ce processus autour de quatre composantes : observation, sentiment, besoin et demande, souvent résumées par l’acronyme OSBD[1]. Le Centre pour la Communication NonViolente diffuse également cette approche dans le monde, avec des formations et des groupes de pratique.
Dans son usage courant, on rencontre plusieurs graphies : CNV, Communication NonViolente, communication non-violente ou communication non violente. L’important n’est pas la majuscule, mais l’intention : établir un lien suffisamment clair pour comprendre ce qui compte pour chacun. La CNV ne vise pas à parler gentiment en toutes circonstances ; elle invite plutôt à distinguer les faits, les interprétations, les émotions, les besoins et les demandes.
Marshall Rosenberg a popularisé des images pédagogiques comme le « langage girafe » et le « langage chacal ». Elles servent à voir deux façons de parler : l’une centrée sur l’écoute, les besoins et la relation ; l’autre plus portée sur le jugement, l’accusation ou la défense. Ces images peuvent aider l’apprentissage, à condition de ne pas coller une étiquette aux personnes : chacun peut, selon la situation, parler depuis la peur, la colère, la fatigue ou l’envie de coopération.
La CNV se distingue donc de la politesse. Vous pouvez dire « s’il te plaît » en exerçant une pression, ou parler fermement sans agresser. Elle se distingue aussi de la manipulation : une demande formulée en CNV accepte la possibilité d’un refus. Si le refus est impossible, on n’est plus dans une demande, mais dans une exigence.
Une phrase en CNV n’est pas forcément douce. Elle devient utile lorsqu’elle rend visibles les faits, ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin et ce que vous demandez réellement, sans faire porter à l’autre la responsabilité entière de votre état intérieur.
Marshall Rosenberg : une démarche issue de la prévention des conflits
Marshall Rosenberg (1934–2015) est un psychologue américain, docteur en psychologie clinique de l’Université du Wisconsin en 1961. Il fonde le Center for Nonviolent Communication en 1984. Sa biographie officielle relie le développement de cette approche à son travail dans des projets scolaires et avec des acteurs des droits civiques durant les années 1960.[5] Ce contexte aide à comprendre pourquoi la communication ne se réduit pas, ici, à une technique de persuasion.
Les ouvrages de Marshall Rosenberg, notamment Nonviolent Communication: A Language of Life, présentent un travail sur l’expression et l’écoute.[5] Pour commencer, choisissez une ressource dont les exemples vous aident à établir un lien entre faits, sentiments et besoins. Il n’est pas nécessaire d’adhérer à toutes les images utilisées pour savoir distinguer un jugement d’une observation.
La diffusion de la Communication NonViolente par Marshall Rosenberg a concerné différents publics dans le monde, dont des éducateurs et des professionnels du soin.[5] Cela ne démontre pas qu’une même formulation conviendrait partout. Dans le monde professionnel comme dans le monde associatif, les responsabilités, le pouvoir de décision et la sécurité restent des éléments à prendre en compte.
Pour des conflits ordinaires, cherchez une première amélioration observable : une demande mieux définie, une place laissée à la réponse ou un besoin enfin explicité. Les conflits ne disparaissent pas simplement parce que le vocabulaire change. Dans les relations où la discussion reste possible, le cœur du travail consiste à écouter les désaccords sans abandonner vos limites ; les conflits impliquant violence ou coercition demandent un cadre de protection différent.
Les quatre repères OSBD de Marshall Rosenberg : observer, ressentir, relier, demander
Le processus proposé par Marshall Rosenberg est souvent présenté comme une suite en quatre étapes. En pratique, il ne s’agit pas de réciter une phrase parfaite. Il s’agit plutôt de prendre le temps de trier ce qui est mélangé : les faits, les jugements, les sentiments, les besoins et les solutions possibles.
1. Observer sans transformer le fait en jugement
L’observation décrit ce qui pourrait être filmé ou entendu par plusieurs personnes. « Tu es toujours en retard » contient déjà une généralisation ; « tu es arrivé à 9 h 25 aux deux dernières réunions prévues à 9 h » est plus observable. Cette précision baisse souvent la tension, car l’autre peut répondre à un fait au lieu de se défendre contre une attaque globale.
Observer ne veut pas dire nier votre impact. Vous pouvez dire que quelque chose vous dérange, mais après avoir séparé le fait de l’interprétation. Ce tri est précieux dans les conflits, car une phrase comme « tu t’en fiches » mélange un comportement observé et une hypothèse sur l’intention.
2. Exprimer un sentiment plutôt qu’une interprétation
Dans l’approche de Marshall Rosenberg, un sentiment renvoie à ce qui se passe en vous : inquiet, triste, découragé, soulagé, tendu, enthousiaste. Une interprétation parle plutôt de ce que l’autre ferait : « je me sens ignoré » peut vouloir dire « je suis triste et inquiet parce que je n’ai pas reçu de réponse ». La nuance peut sembler fine, mais elle change la qualité du dialogue.
Exprimer un ressenti ne signifie pas se rendre vulnérable sans discernement. Dans certaines relations, il est préférable de rester bref et factuel. La CNV n’impose pas de tout dire ; elle aide à choisir des mots qui ne confondent pas émotion et accusation.
3. Relier le ressenti à un besoin, pas à une faute
Un besoin, au sens de Marshall Rosenberg, est une aspiration humaine générale : sécurité, clarté, repos, coopération, reconnaissance, autonomie, soutien, appartenance. Il se distingue d’une stratégie, c’est-à-dire d’une solution précise pour y répondre. « J’ai besoin que tu m’appelles tous les soirs » est plutôt une stratégie ; le besoin peut être le lien, la réassurance ou la prévisibilité.
Cette distinction besoin/stratégie est au cœur de la communication NonViolente. Deux personnes peuvent avoir des stratégies incompatibles tout en découvrant des besoins compatibles. Par exemple, l’une veut parler tout de suite pour retrouver de la clarté, l’autre veut faire une pause pour retrouver du calme : derrière le désaccord, chacune cherche une condition pour mieux dialoguer.
4. Formuler une demande concrète, positive et négociable
Une demande utile indique ce que vous souhaitez, maintenant ou à un moment précis. Elle est concrète : « Peux-tu me dire avant vendredi si tu participes ? » est plus clair que « Fais un effort ». Elle est formulée positivement : demander ce que l’autre peut faire plutôt que seulement ce qu’il doit arrêter.
Elle est aussi négociable. Cela ne signifie pas que tout est acceptable, mais que vous acceptez d’entendre la réponse. Si votre limite est non négociable, il est plus honnête de la nommer comme une limite : « Je ne suis pas disponible ce soir » plutôt que de déguiser une obligation en question.
| Repère | À éviter | Formulation plus claire | Question de vérification |
|---|---|---|---|
| Observation | « Tu ne respectes jamais les horaires. » | « La réunion a commencé à 9 h et tu es arrivé à 9 h 25. » | Est-ce observable par quelqu’un d’autre ? |
| Sentiment | « Je me sens méprisé. » | « Je suis tendu et découragé. » | Est-ce une émotion ou une interprétation ? |
| Besoin | « J’ai besoin que tu changes. » | « J’ai besoin de fiabilité et de clarté. » | Ce besoin pourrait-il être satisfait de plusieurs manières ? |
| Demande | « Sois plus sérieux. » | « Peux-tu prévenir dès que tu sais que tu auras plus de dix minutes de retard ? » | L’autre peut-il dire oui, non ou proposer autre chose ? |
Exemples de formulations au travail, en famille et en rendez-vous médical
Les exemples suivants sont pédagogiques. Ils ne décrivent pas des cas clients et ne garantissent pas le résultat d’une conversation. Leur intérêt est de montrer comment passer d’un reproche global à une expression plus précise, puis à un point à négocier.
Au travail : demander de la clarté sans accuser
Dans un contexte professionnel, la CNV peut aider à préparer une discussion sur un délai, une charge ou une consigne floue. Par exemple : « Quand je reçois trois demandes urgentes dans la même matinée, je me sens sous pression, parce que j’ai besoin de priorités claires. Peux-tu m’indiquer laquelle traiter en premier avant 11 h ? » Cette phrase ne règle pas tout, mais elle réduit les sous-entendus.
Si une tension répétée révèle une question plus large de place, d’orientation ou de projet, la conversation relationnelle ne suffit pas toujours. Un bilan de compétences pour clarifier un projet professionnel peut alors aider à analyser compétences, contraintes et pistes d’évolution, sans promettre un emploi ni un financement automatique.
Dans la famille : sortir du « toujours » et du « jamais »
En famille, les mots « toujours » et « jamais » surgissent vite. Ils traduisent souvent une fatigue réelle, mais ils enferment l’autre dans une identité : « tu ne fais jamais attention ». Une formulation plus utile serait : « Quand je trouve la cuisine encombrée après le repas, je suis irrité et fatigué, parce que j’ai besoin de partage des tâches. Est-ce que nous pouvons décider ensemble qui range quoi ce soir ? »
Cette manière de parler n’empêche pas le désaccord. Elle ouvre simplement un espace où le besoin est identifiable. Pour des conflits familiaux installés, une démarche structurée peut être nécessaire ; vous pouvez aussi lire l’article sur le rôle et le déroulement de la médiation familiale.
Face à un rendez-vous médical : préparer ses questions
La CNV peut aussi soutenir la préparation d’un rendez-vous médical, notamment lorsque vous craignez d’oublier une question ou de ne pas oser dire une difficulté. Une formulation possible : « Quand je ne comprends pas les prochaines étapes, je me sens inquiet, parce que j’ai besoin de repères pour suivre correctement le protocole. Pouvez-vous me redire ce que je dois surveiller et qui contacter en cas de doute ? »
Ces conseils restent généraux et ne remplacent jamais le suivi médical. Toute modification de traitement, de dose ou de conduite à tenir relève de l’équipe soignante et du protocole établi. Les démarches d’éducation thérapeutique du patient peuvent aider à comprendre la maladie, le quotidien et la communication avec les soignants, dans le cadre approprié.
| Reproche courant | Formulation inspirée de la CNV | Point à négocier |
|---|---|---|
| « Tu ne m’écoutes pas. » | « Quand je parle et que tu regardes ton téléphone, je me sens découragé, car j’ai besoin d’attention. Peux-tu le poser cinq minutes ? » | Moment disponible, durée, priorité. |
| « Vous ne m’expliquez rien. » | « Quand je repars sans savoir la prochaine étape, je suis inquiet. J’ai besoin de comprendre. Pouvez-vous résumer la suite ? » | Temps du rendez-vous, support écrit, interlocuteur. |
| « Tu décides toujours pour moi. » | « Quand une décision est prise sans m’en parler, je suis frustré, parce que j’ai besoin d’autonomie. Peux-tu me consulter avant de confirmer ? » | Délai de décision, sujets concernés. |
| « Rien n’avance. » | « Quand nous repoussons ce sujet depuis trois semaines, je suis préoccupé. J’ai besoin de visibilité. Peut-on fixer une date de décision ? » | Date, informations manquantes, responsabilité. |
Écouter et recevoir un refus sans perdre le fil
Une difficulté majeure de la CNV est d’accepter qu’une demande puisse recevoir un non. Si vous utilisez le langage de la CNV pour rendre le refus impossible, l’autre risque de sentir une pression sous une forme très correcte. La demande devient alors une exigence masquée.
Recevoir un refus ne veut pas dire renoncer à votre besoin. Cela signifie chercher si une autre stratégie peut y répondre. Vous pouvez demander : « Qu’est-ce qui te ferait dire oui ? », « Qu’est-ce qui est difficile pour toi dans ma demande ? » ou « Quelle autre option serait réaliste ? » Ces questions gardent le dialogue ouvert sans abandonner votre point.
Reformuler sans être d’accord avec tout
Reformuler consiste à vérifier ce que vous avez compris : « Si je comprends bien, tu refuses ce soir parce que tu as besoin de repos et de temps pour toi. » Cette phrase n’implique pas que vous approuvez la solution. Elle montre que vous distinguez l’écoute de l’accord.
L’empathie, dans ce sens, n’est pas une capitulation. Elle reconnaît qu’un être humain cherche aussi à protéger quelque chose d’important pour lui. Dans un conflit, cette reconnaissance peut réduire la défense et permettre de voir des options plus fines.
Choisir une pause quand le corps dit stop
La CNV suppose une certaine disponibilité intérieure. Si vous êtes submergé, mieux vaut parfois interrompre la discussion que poursuivre en accumulant des blessures. Une phrase simple peut suffire : « Je veux continuer, mais je sens que je ne vais plus écouter correctement. Je propose une pause de vingt minutes et nous reprenons à 18 h. »
La pause doit être distincte de la fuite. Elle devient fiable si elle contient une intention de reprise, un délai et une manière de revenir au sujet. Pour approfondir la régulation émotionnelle, l’article sur la gestion des émotions et des techniques concrètes peut compléter cette pratique.
Exercices progressifs pour pratiquer la CNV
L’apprentissage de la CNV demande de l’entraînement. Lire une méthode ne suffit pas toujours, car les automatismes reviennent dès que la tension monte. Les exercices suivants sont proposés comme pistes générales ; ils ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique, médical, juridique ou social lorsque la situation l’exige.
Exercice 1 : la note personnelle en quatre colonnes
Choisissez une situation récente mais pas explosive. Sur une feuille, tracez quatre colonnes : faits, ressentis, besoins, demandes. Dans la colonne des faits, écrivez uniquement ce qui a été dit ou fait, avec des dates, des mots ou des comportements observables.
Dans la colonne des ressentis, notez des émotions simples : agacé, inquiet, triste, soulagé, confus, satisfait. Évitez les formules qui accusent : « trahi », « manipulé », « humilié » peuvent parfois décrire une expérience forte, mais elles contiennent souvent une interprétation. Si ces mots apparaissent, demandez-vous : « Quelle émotion plus élémentaire est présente ? »
Dans la colonne des besoins, cherchez ce qui compte : clarté, sécurité, repos, reconnaissance, coopération, choix, soutien. Enfin, dans la colonne des demandes, écrivez une action concrète que l’autre pourrait accepter, refuser ou ajuster. Relisez ensuite votre phrase à voix basse pour voir si elle ressemble à une invitation ou à un verdict.
Exercice 2 : une demande simple par semaine
Pour développer la pratique, commencez par de petites demandes. Par exemple : demander un horaire de rappel, un résumé écrit, un temps calme, une confirmation avant une date. L’objectif n’est pas de réussir à chaque fois, mais d’observer votre manière de demander.
Après la réponse de l’autre, notez trois éléments : votre phrase était-elle concrète ? Était-elle négociable ? Avez-vous pu entendre un non sans vous effondrer ni attaquer ? Ces critères sont observables, contrairement à une impression générale de réussite.
Exercice 3 : préparer une discussion sensible
Avant une conversation importante, écrivez votre intention en une phrase : « Je veux comprendre et chercher une solution praticable », plutôt que « je veux qu’il reconnaisse qu’il a tort ». Préparez ensuite deux formulations : l’une pour ouvrir la discussion, l’autre pour demander une pause si la tension monte. Cette préparation évite de dépendre uniquement de l’improvisation.
Vous pouvez aussi prévoir ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas. Par exemple, vous pouvez négocier l’horaire d’un échange, mais pas votre droit à refuser une insulte. La CNV n’oblige pas à rester dans une conversation qui vous met en danger ou vous abîme.
Exercice 4 : débriefer sans vous juger
Après l’échange, prenez cinq minutes pour décrire ce qui s’est passé. Qu’avez-vous réussi à clarifier ? À quel moment avez-vous basculé dans la justification, le reproche ou le silence ? Quelle phrase pourriez-vous reformuler la prochaine fois ?
Ce débrief permet de progresser sans transformer la CNV en perfectionnisme. Vous pouvez avoir parlé trop vite, oublié une étape ou réagi vivement : cela ne signifie pas que tout est raté. L’apprentissage se construit par ajustements successifs, pas par phrases modèles impeccables.
Pratiquer la Communication NonViolente dans un cadre adapté
Commencer par un bilan personnel de la conversation
Avant de parler, vous pouvez partir d’une question de base : « Qu’est-ce que je voudrais pouvoir expliquer sans accuser ? » Notez le fait, vos sentiments et les besoins concernés. Ce temps personnel ne sert pas à vous reprocher votre colère ; il vous aide à distinguer le besoin d’être entendu de la volonté d’obtenir une réponse précise. Le processus peut rester intérieur avant de devenir un échange.
Une attitude empathique consiste ensuite à vérifier votre compréhension : « Est-ce que ta difficulté concerne le temps disponible ou la manière dont je formule ma demande ? » La relation n’exige pas un accord immédiat. Vous pouvez entendre les besoins de l’autre tout en gardant vos limites. Dans ce langage, exprimer vos besoins et reconnaître ceux de l’autre sont deux mouvements complémentaires, pas deux obligations de vous effacer.
Adapter le processus à la famille et à l’école
La Communication NonViolente peut servir de support à des formulations pédagogiques simples. À l’école ou à la maison, « Tu fais toujours du bruit » devient, par exemple : « Pendant que je lis, j’entends la musique ; j’ai besoin de concentration. Peux-tu mettre un casque pendant dix minutes ? » Il s’agit d’un exemple de communication, non d’un résultat éducatif garanti ni d’une consigne qui conviendrait à chaque enfant.
À l’école, les règles de sécurité et les responsabilités des adultes restent distinctes des demandes négociables. Un adulte peut expliquer une règle sans prétendre qu’elle est un choix. Le cœur du processus est la clarté : préciser ce qui peut être discuté, ce qui doit être respecté et quelles autres solutions répondraient aux besoins présents. Cela évite d’utiliser un vocabulaire bienveillant pour masquer une contrainte.
Choisir des ressources et vérifier le cadre de pratique
Les associations de référence proposent des ressources, des formations et des groupes de pratique pour développer la Communication NonViolente.[1] Si vous comparez des formateurs, demandez comment les exercices, les mises en situation et les retours sont organisés. Vérifiez aussi leurs qualifications réellement annoncées, sans confondre sensibilisation, accompagnement relationnel et parcours certifiant.
Des formateurs ou un groupe peuvent aider à entendre ce qui reste ambigu dans une formulation. La qualité de la relation compte autant que la récitation des étapes. Pour savoir si le cadre vous convient, regardez notamment la possibilité de poser des questions, de refuser un exercice trop exposant et de pouvoir progresser à votre rythme. La Communication NonViolente n’est pas un examen de votre valeur personnelle.
CNV, assertivité et médiation : périmètres différents
La CNV, l’assertivité et la médiation se recoupent, mais elles ne désignent pas la même chose. La CNV met l’accent sur le lien entre observation, sentiments, besoins et demande. L’assertivité est définie par le CEDIP/CMVRH comme la capacité à s’affirmer tout en respectant autrui, sans agressivité, passivité ni manipulation[2].
Autrement dit, l’assertivité aide à dire non, poser une limite, défendre un projet ou exprimer un désaccord. La CNV peut soutenir cette expression en clarifiant ce qui se passe intérieurement. La médiation, elle, introduit un tiers pour faciliter la parole lorsque deux parties n’arrivent plus à avancer seules.
Dans une organisation, un collectif ou une association, certaines tensions dépassent la seule formulation individuelle. Il peut être utile de se renseigner sur la médiation en entreprise à Blois et ses conditions de mise en place, notamment lorsque les échanges sont bloqués ou que les rôles deviennent confus.
Se protéger quand la communication seule est insuffisante
La communication ne doit pas devenir une injonction à tout supporter. En cas de menace, d’emprise, de harcèlement, de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique, la priorité est la sécurité et l’accès aux aides compétentes. Chercher la « bonne formulation » peut être insuffisant, voire dangereux, si l’autre utilise vos paroles contre vous.
Dans ces situations, il est recommandé de se tourner vers des professionnels qualifiés, des dispositifs d’aide, les autorités compétentes ou les services d’urgence selon le degré de danger. La CNV peut favoriser la conscience de vos limites, mais elle ne remplace pas les démarches de protection ni les cadres réglementaires applicables.
Accompagnement à Vineuil près de Blois : communication, psycho-éducation et parcours de vie
Valérie Pollet accompagne à Vineuil, près de Blois, et selon les prestations en visio. Son parcours réunit le coaching professionnel certifié RNCP, la médiation, la posture de patiente-partenaire formée à l’ETP et l’accompagnement en bilan de compétences. Vous pouvez découvrir le parcours de Valérie Pollet sur la page dédiée.
Pour travailler la communication relationnelle, l’expression assertive, les limites, les émotions ou les relations avec les proches, la page psycho-éducation et compétences psychosociales présente un cadre d’accompagnement individuel. Cette démarche n’est pas un suivi médical et ne se substitue pas à un médecin, un psychologue, un psychiatre ou tout autre professionnel de santé lorsque leur intervention est nécessaire.
Lorsque la communication concerne la maladie chronique, le soin ou la coordination avec l’équipe soignante, l’éducation thérapeutique s’inscrit dans le parcours de soins. Le ministère rappelle que l’ETP vise le développement de compétences d’auto-soins, de sécurité et d’adaptation, et que les programmes sont mis en œuvre par une équipe pluriprofessionnelle formée[3]. Les ateliers ou accompagnements autour de la compréhension, des questions à poser et du quotidien ne remplacent jamais les décisions médicales.
Enfin, si une tension relationnelle au travail révèle une question plus profonde — perte de sens, fatigue durable, besoin de reconversion, retour après maladie ou accident de vie — il peut être utile de distinguer le problème de communication du problème de projet. Un bilan n’apporte pas une réponse automatique, mais il offre un cadre pour analyser les compétences, les contraintes, les pistes et les étapes possibles.
FAQ sur la communication non violente
Quel est le but de la communication non violente ?
Le but de la CNV est de favoriser un dialogue plus clair en reliant les faits, les ressentis, les besoins et les demandes. Elle ne sert pas à convaincre à tout prix, mais à mieux comprendre ce qui compte pour chacun et à chercher des solutions plus explicites.
Qui a créé la CNV ?
La Communication NonViolente a été développée par Marshall Rosenberg, psychologue américain. Le Centre pour la Communication NonViolente et des associations nationales diffusent aujourd’hui ce processus par des ressources, des formations et des groupes de pratique[1].
Quelles sont les quatre étapes de la CNV ?
Les quatre repères sont : observation, sentiment, besoin et demande. On observe un fait, on exprime un ressenti, on identifie le besoin concerné, puis on formule une demande concrète, positive et négociable.
Pouvez-vous donner un exemple concret de phrase CNV ?
Oui : « Quand la réunion commence avec vingt minutes de retard, je me sens inquiet, parce que j’ai besoin de visibilité pour organiser la suite de ma journée. Pouvons-nous décider d’une heure de fin ou déplacer un point à demain ? » Cette phrase reste perfectible, mais elle sépare mieux le fait, l’émotion, le besoin et la demande.
La CNV permet-elle de dire non ?
Oui, et c’est même un point essentiel. Dire non peut se formuler avec clarté : « Je ne suis pas disponible ce soir, car j’ai besoin de repos. Je peux en reparler demain à 10 h. » Le non devient plus audible lorsqu’il est relié à une limite ou à un besoin, sans justification interminable.
Peut-on commencer sans suivre une formation ?
Vous pouvez commencer seul avec des exercices simples, des lectures fiables et des situations peu risquées. Une formation ou un groupe de pratique peut aider à développer l’écoute et la précision, mais il faut vérifier le cadre proposé et les qualifications annoncées. Pour les situations de santé, de violence ou de conflit complexe, sollicitez les professionnels compétents.
Quels livres de Marshall Rosenberg lire pour commencer ?
La bibliographie officielle de Marshall Rosenberg comprend notamment Nonviolent Communication: A Language of Life et Speak Peace in a World of Conflict.[5] Choisissez une édition et une langue qui vous permettent de comprendre les exemples. La lecture peut clarifier les repères ; leur mise en pratique demande ensuite de les adapter à une situation réelle, sans rechercher une phrase parfaite ni confondre livre et accompagnement.
Références
- Association pour la Communication NonViolente France, « La Communication NonViolente », processus OSBD, intention de lien, besoin distinct de la stratégie, demande concrète et ouverte au refus. https://cnvfrance.fr/communication-non-violente/
- CEDIP / CMVRH, « Osez l’assertivité ! Comment améliorer votre relationnel en milieu professionnel », définition de l’assertivité comme affirmation de soi respectueuse, sans agressivité, passivité ni manipulation. https://www.cmvrh.developpement-durable.gouv.fr/osez-l-assertivite-comment-ameliorer-votre-a4395.html
- Ministère de la Santé, « Éducation thérapeutique du patient », place dans le parcours de soins, compétences d’auto-soins, de sécurité et d’adaptation, programmes déclarés à l’ARS depuis 2021. https://sante.gouv.fr/systeme-de-sante/parcours-des-patients-et-des-usagers/education-therapeutique-du-patient/article/education-therapeutique-du-patient
- Center for Nonviolent Communication — Biographie officielle de Marshall Rosenberg et bibliographie.